Le Roi des Ardennaises n'est pas encore prêt à quitter son trône : à 37 ans, Davide Rebellin (Diquigiovanni) a confirmé mercredi qu'il restait l'un des plus beaux puncheurs du peloton en remportant pour la troisième fois de sa carrière la Flèche Wallonne. L'Italien a su compter ses coups de pédale sur les 195,5 km du parcours, où les favoris sont longtemps restés cachés, avant de faire la différence dans la redoutable montée finale du Mur de Huy. Après avoir serré les dents dans les passages les plus pentus, Rebellin a pu placer sa pointe de vitesse dans les 200 derniers mètres pour devancer le Luxembourgeois Andy Schleck (Saxo Bank) et l'Italien Damiano Cunego (Lampre). En tant que triple vainqueur, il égale des champions comme Eddy Merckx et Moreno Argentin.
Est-ce que le Mur de Huy, ses 1.300 m à 9,3 %, son dernier kilomètre à 13 % et son virage à 19 %, fait trop peur ? Toujours est-il que les principaux favoris de la classique ardennaise ont tout fait pour se cacher avant cette montée finale, laissant les aventuriers et les équipiers de luxe animer la course lors des dix premières côtes. En attaquant dès la sortie de Charleroi (km 7), Christophe Moreau (Agritubel) a au moins eu le mérite de lancer un grand raid. Accompagné un temps par le Japonais Fumiyuki Beppu (Skil), le vétéran français a réussi à gratter jusqu'à un quart d'heure d'avance avant de résister, en duo puis seul, au peloton qui a mis fin à son aventure à 25 km de la ligne. Au moment où le tenant du titre Kim Kirchen, à court de forme, se faisait lâcher. A partir de là, quelques attaques ont bien eu lieu, notamment à l'initiative de l'équipe Diquigiovanni (Jose Serpa en solo puis Michele Scarponi en groupe) mais ces accélérations ont manqué soit de motivation soit d'organisation pour faire trembler le peloton.
Finalement, Davide Rebellin a su gagner avec puissance et panache une classique résumée à une course de côte. Si Alejandro Valverde (7e) a été idéalement placé au pied du Mur, l'Espagnol n'a rien pu faire dans l'emballage final. Le Français David Le Lay (Agritubel) a misé sur l'effet de surprise en accélérant à 800 m de la ligne mais le Breton (12e, juste derrière Clément Lhotellerie) est resté scotché dans ce fameux virage ''à la verticale'' où Cadel Evans a pris la tête, couché sur le guidon pour faire avancer son vélo au développement énorme. L'Australien (5e), déjà deuxième l'an passé, manque toujours de vélocité et de la pointe de vitesse pour s'imposer dans une arrivée groupée. Calé dans sa roue, Davide Rebellin accélérait la cadence de pédalage pour déborder et contenir Andy Schleck.
«Je connais mes forces et je sais préparer mes objectifs», a commenté Davide Rebellin sur la ligne d'arrivée. Déjà vainqueur de deux étapes du Tour d'Andalousie en 2009, il revient en haut de l'affiche au meilleur moment. Déjà cantonnés aux places d'honneur lors de l'Amstel Gold Race, Damiano Cunego (3e), Samuel Sanchez (4e) et Alejandro Valverde (8e) se tournent désormais vers Liège-Bastogne-Liège pour redorer les blasons. Cette fois-ci, ils ne pourront pas se cacher.
Rebellin et Schumacher contrôlés positif à Pékin:
Davide Rebellin et Stéphane Schumacher ont été contrôlés positif à la CERA aux jeux de Pékin.
Le vainqueur, mercredi dernier, de la Flèche Wallonne a été contrôlé positif à l'EPO CERA, une EPO à effet retard. Il a été immédiatement suspendu par le comité olympique ainsi que par son équipe Diquigiovanni. L'Allemand Schumacher, qui appartenait également à l'équipe Geroldsteiner, est accusé des mêmes faits.
Deux autres athlètes ont été contrôlées positives: la Grecque Athanasia Tsoumeleka, championne olympique du 20 km à Athènes en 2004, et la Croate Vanja Perisic, spécialiste du 800 m.
Rebellin, qui a débuté sa carrière en 1992, est l'un des plus grands spécialistes des courses d'un jour sur lesquelles il a bâti l'essentiel de son palmarès. Il a réalisé son grand fait d'armes en 2004, remportant en l'espace de huit jours les trois classiques ardennaises, l'Amstel Gold Race, la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. De 2002 à 2008, Rebellin a fait partie de l'équipe allemande Gerolsteiner dont deux des coureurs, l'Allemand Stefan Schumacher et l'Autrichien Bernhard Kohl, avaient été convaincus de dopage à l'issue de contrôles pratiqués lors du Tour de France 2008, soit un mois avant les Jeux de Pékin.
Rebellin avait rejoint l'équipe Diquigiovanni cette saison avec laquelle il ambitionnait notamment de participer au prochain Tour d'Italie, qui s'élancera le 9 mai de Venise. Un autre coureur italien, le grimpeur Riccardo Ricco, 25 ans, avait été contrôlé positif à cette nouvelle forme d'EPO au cours du Tour de France 2008. Il est actuellement suspendu jusqu'au 18 mars 2010. Le coureur italien a demandé une contre-analyse qui pourrait justifier son innocence. "Nous restons abasourdis et incrédules, et nous espérons que les contre-analyses puissent donner raison au coureur qui se dit innocent. Nous le souhaitons vraiment, parce qu'en ce début de saison, nous avions eu l'occasion d'apprécier ses qualités, pas seulement sportives, mais également morales. J'ai eu Davide au téléphone, il est très amer et, dans le même temps, nie chaque accusation. Il m'a assuré que ce qui lui était reproché ne peu être vrai." a assuré le patron de l'équipe.